
Les poèmes s’écrivent sur un toit quand on est amoureux ou quand on est en guerre. Poems From A Rooftop évoque les toits de la Révolution Verte iranienne de 2009. Des toits en révolte étouffée.
Les poèmes de Dictaphone n’ont pas de mots – hormis ceux portés dans Rattle par Mariechen Danz. Ils sont de cordes, de jazz, d’électronique et de quelques samples. Ici des pas précipités, là une course essoufflée, stigmates d’une contestation.
Poems From A Rooftop hérite de Sonic Pieces exigence classieuse et attirance pour l’ombre. Mais – est-ce une nouvelle tendance pour le label berlinois, qui le rapprocherait ainsi de City Centre Offices ? – c’est un album d’une belle énergie, lumineuse et fluide, où rythme et chaleur font leur apparition.
En ombre féline et libre, Poems From A Rooftop flotte sur la ville, y coule un flow à la fois tendu et suave et distille quelques sonorités d’Orient. Rejoints par le violoniste Alexander Stolze, Oliver Doertell et Roger Döring proposent leur œuvre la plus aboutie. Celle d’une maturité qui, après un silence de six ans, leur permet d’associer avec la plus grande finesse, émotion et conscience.
(publié sur Autres Directions le 12/04/2012)



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